Le mécanisme, les symptômes physiques et mentaux, et la boucle qui les entretient.
LirePeurs & angoisses
Crises d'angoisse, peur panique, phobies : comprendre ce qui vous arrive.
La peur n'est pas une faiblesse. C'est un système d'alarme devenu trop sensible — et un système, ça se comprend et ça s'apprivoise.
Dans cette section
Les visages de la peur.
Quand les crises se répètent et que la peur de la crise devient le problème central.
LireLa peur du regard, du jugement et de la scène sociale qui rétrécit la vie.
LireLes peurs de fond — vide, mort, perte de contrôle, solitude — qui colorent tout le reste.
LireLa crise d'angoisse : ce qui se passe vraiment dans le corps.
Une crise d'angoisse — on parle aussi d'attaque de panique — est une montée de peur intense qui survient brutalement, souvent sans danger réel identifiable. En quelques minutes, le corps bascule en état d'alerte maximale : c'est le système d'alarme archaïque de survie qui se déclenche, exactement comme s'il fallait fuir un danger immédiat.
Concrètement, le cerveau émotionnel donne l'ordre de libérer de l'adrénaline. Le cœur accélère et cogne dans la poitrine, la respiration devient courte et haute, les muscles se tendent, les mains deviennent moites ou froides, la tête tourne. Certaines personnes ressentent une oppression thoracique, une boule dans la gorge, des picotements dans les membres, des bouffées de chaleur ou des frissons, des nausées. D'autres décrivent une sensation très déroutante d'irréalité : se sentir détaché de soi-même ou de la scène, comme dans un rêve.
À ces manifestations physiques s'ajoutent des pensées typiques, et c'est là que la crise prend toute sa force : « je vais mourir », « je fais une crise cardiaque », « je vais m'évanouir », « je deviens fou », « je vais perdre le contrôle devant tout le monde ». Ces pensées ne sont pas des caprices : elles sont l'interprétation logique que fait le mental de sensations corporelles réellement intenses.
C'est ici que se noue la boucle de la crise d'angoisse : une sensation corporelle banale (le cœur qui s'accélère en montant un escalier, un léger vertige) est perçue comme un signal de danger ; cette interprétation déclenche la peur ; la peur amplifie les sensations ; les sensations amplifiées confirment le danger. En quelques dizaines de secondes, la spirale s'emballe. La crise atteint généralement son pic en une dizaine de minutes, puis redescend — le corps n'est physiologiquement pas capable de maintenir cet état très longtemps, même si les minutes paraissent interminables.
Point important : une crise d'angoisse est extrêmement éprouvante, mais elle n'est pas dangereuse en elle-même. Si des symptômes physiques inhabituels vous inquiètent, un avis médical permet d'écarter toute autre cause — c'est même une étape utile, car savoir que le cœur va bien enlève un carburant majeur à la boucle.
En parler lors d'un appel découverteLe trouble panique : quand la peur de la crise devient le problème.
Après une ou plusieurs crises d'angoisse marquantes, beaucoup de personnes développent ce qu'on appelle l'anxiété anticipatoire : la peur permanente que « ça » recommence. On surveille son cœur, sa respiration, le moindre vertige. On scanne son corps en continu. Or cette hypervigilance est précisément ce qui rend les sensations plus présentes — et donc les crises plus probables. C'est le piège du trouble panique : ce n'est plus la crise qui organise la vie, c'est la peur de la crise.
Vient alors l'évitement. On évite les transports, les files d'attente, les centres commerciaux, la conduite, les réunions, parfois le simple fait de s'éloigner de chez soi — tous les endroits où une crise serait « catastrophique » ou d'où l'on ne pourrait pas s'échapper. Chaque évitement soulage sur le moment, et renforce le mécanisme en profondeur : le cerveau enregistre que le lieu évité était bien dangereux. Le territoire de vie se rétrécit, semaine après semaine.
Le travail d'accompagnement porte sur les deux étages à la fois : comprendre finement sa propre mécanique de crise — chaque personne a ses déclencheurs, ses sensations-signal, ses pensées-carburant — puis désamorcer la boucle par l'expérience, pas seulement par l'explication. L'hypnose et le travail attentionnel permettent d'apprivoiser les sensations au lieu de les fuir, de retrouver une respiration qui apaise réellement, et de réinvestir progressivement les situations désertées, à un rythme respectueux.
Réserver mon appel découvertePhobies sociales et peurs en tout genre.
La phobie sociale, c'est la peur intense du regard et du jugement des autres : prendre la parole, manger en public, entrer dans une pièce déjà pleine, passer un appel téléphonique, être observé en train de travailler. Le corps réagit comme face à un danger — rougissements, tremblements, voix qui se serre, esprit qui se vide — et la personne finit souvent par organiser sa vie pour éviter ces situations, au prix de sa vie sociale, affective ou professionnelle.
Les phobies plus ciblées suivent la même logique avec un objet précis : conduire, prendre l'avion, les hauteurs, les animaux, les lieux clos, le vomissement, les examens médicaux. Dans tous les cas, le problème n'est pas un manque de courage ou de volonté : c'est une association apprise entre une situation et une alarme corporelle, souvent installée par une expérience marquante ou par imprégnation progressive.
Ce qui s'est appris peut se désapprendre. Le travail combine la compréhension du mécanisme propre à chacun, la régulation du corps, et des outils hypnotiques et narratifs qui permettent de revisiter la situation redoutée autrement — d'abord en imagination protégée, puis dans la réalité, par étapes choisies ensemble.
En parler lors d'un appel découverteLes angoisses fondamentales : les peurs de fond.
Derrière les crises et les phobies, il existe souvent des angoisses plus anciennes et plus diffuses : la peur du vide et de l'inconnu, l'angoisse de la mort, la peur de perdre le contrôle, la peur d'être abandonné ou de rester seul, le sentiment de ne pas être à la hauteur de l'existence. Elles ne se déclenchent pas dans une situation précise : elles colorent l'ensemble de la vie, comme un fond sonore.
Ces angoisses fondamentales méritent un travail spécifique, plus profond que la gestion des symptômes. Il s'agit de comprendre d'où elles viennent, ce qu'elles protègent, comment elles se sont construites dans votre histoire — puis de leur donner une place qui ne dirige plus tout. C'est un travail de fond, où les pratiques narratives et l'hypnose se complètent : l'une pour remettre de l'ordre et du sens dans l'histoire, l'autre pour apaiser ce que le corps a enregistré.
L'angoisse d'abandon, qui touche particulièrement la vie amoureuse et relationnelle, fait l'objet d'une section dédiée.
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